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Télécharger ou ne pas télécharger ? (2/2) – Mais pourquoi se donner autant de mal ?  posté le jeudi 08 novembre 2007 15:50

La semaine dernière, j’ai abordé les aspects juridiques mais ce qui m’intéresse personnellement, ce sont les aspects individuels du téléchargement de séries télévisées.

 

Télécharger des séries est un processus contraignant, aussi contraignant et coûteux en temps que le fait d’enregistrer avec un magnétoscope (il faut surveiller les programmes, rechercher les « torrents », les vérifier une fois chargés…) et en ressources informatiques. Ça prend de la place sur les disques durs et sur les DVD à graver, ça fait chauffer le graveur, et le résultat n’est jamais d’aussi bonne qualité que ce qu’on peut voir en DVD. Enfin, il faut du temps pour regarder les séries : télécharger, ça n’a pas du tout la même fonction que d’acheter des dizaines de coffrets de DVD et d’en remplir des étagères comme on le ferait avec des livres…

 

Autant de raisons qui font du téléchargement de séries un phénomène le plus souvent ponctuel et restreint à une mince fraction de spectateurs potentiels. Pourquoi ces spectateurs internautes consacrent-ils tant d’énergie au téléchargement ?

 

Je limiterai mon propos, pour simplifier, au téléchargement des séries américaines (et parfois, britanniques) par un internaute français.

 

Je supposerai, par ailleurs, qu’il n’existe plus de doute sur la richesse des séries en tant que forme d’expression artistique, et que le lecteur de ce blog sait qu’une fiction télévisée peut être aussi créative, provocatrice, subversive et marquante qu’un roman, un film ou une pièce de théâtre.  

Parmi les lecteurs de romans (de nouvelles, de polars, de SF, de BD…) certains sont prêts à écumer les librairies ou les échopes de bouquinistes à la recherche d’une édition épuisée, d’un numéro de revue défraîchi, d’un volume dépareillé. Ce n’est pas l’objet imprimé qui les intéresse, mais le contenu, le texte dont ils connaissent l’existence sans jamais l’avoir tenu entre les mains, celui qu’ils découvrent par hasard, celui qu’ils ont voulu retrouver pour le relire. Il en va de même pour le cinéphile et le spectateur de séries. 

Je postule donc ici qu’il n’y a pas de différence de nature entre un amateur de séries télévisées, un cinéphile et un lecteur de romans ou de nouvelles. Tous sont des dévoreurs de fictions.

 

Qu’est-ce qu’on télécharge quand on télécharge un épisode de série ?

 Les séries télévisées américaines ont un mode de production et de diffusion qu’on peut résumer de la manière suivante :

 - il s’agit de fictions à épisodes produites spécifiquement pour la télévision sur commande d’un « Network » (réseau de chaînes affiliées au même groupe : ABC, CBS, CW, FOX, NBC)  ou d’une chaîne câblo-satellitaire plus ou moins indépendante (HBO, FX, SCI-FI, USA, LIFETIME, SHOWTIME, TNT, AMC, etc.) ;

 - leur format leur permet de s’inscrire dans des plages de 30 minutes d’antenne (comédies) ou de 60 minutes (dramas) ; en pratique, étant donné le temps d’antenne réservé aux annonceurs, la durée habituelle d’un épisode de comédie est à peu de chose près de 21 minutes, celle d’un épisode de drama de 42 minutes.

 - elles sont diffusées pour la première fois le soir, entre 19h (on dîne tôt aux Etats-Unis) et 23 heures, sur un rythme hebdomadaire, à raison de 20-25 épisodes entre octobre et mai sur les Networks, de 8 à 13 épisodes en été ou en début d’année (donc, en décalage par rapport aux Networks) sur les chaînes câblées.

 - elles peuvent durer de nombreuses années : Law & Order (New York District) entamera sa 18e année de diffusion en janvier prochain ; ER (Urgences) vient de commencer la 14e ; CSI (Les Experts) en est déjà à la 8e, etc.

 (Les séries télévisées britanniques sont produites en général à un rythme moins soutenu : 6 à 8 épisodes par an, mais sont diffusés également à un rythme hebdomadaire et ont un format identique)

 Toutes ces caractéristiques visent – et, parfois, assurent – la fidélisation du public, comme pour toute production culturelle de longue durée : on regarde une série assidûment comme les lecteurs de journaux et de magazines lisaient leur feuilleton quotidien à l’époque d’Eugène Sue ou l’aventure mensuelle de Sherlock Holmes dans The Strand Magazine.

 Autrement dit : chaque épisode d’une série occupe une fonction narrative similaire à celle d’un chapitre de roman ou d’une nouvelle dans un recueil. Celui qui télécharge un épisode, chaque semaine, ne fait au fond que se procurer auprès d’un ou plusieurs spectateurs qui les ont vus et sont d’accord pour les partager, le dernier "chapitre" de Urgences, la dernière "nouvelle" de Law & Order en date.

  

Pour un spectateur français amateur de séries américaines, il est très difficile de regarder des séries récentes dans de bonnes conditions.

 
(Je ne parle pas ici des séries anciennes, qui, même inédites en France, sont de plus en plus souvent éditées en
DVD)

 En pratique, il n’est pas possible de regarder les chaînes américaines diffusant des séries. Ce n’est pas un problème technique : grâce au satellite, il y a dix ans déjà, France 2 a diffusé en pleine nuit, en même temps que NBC, le season premiere de la 4e saison d'Urgences, tourné en direct. Il y a quelques années, elle a remis ça avec le Super Bowl, la finale du championnat de football américain...

On peut concevoir sans peine tout plein de raisons pour que cet accès aux programmes américains ne soit pas permanent : les chaînes et les sociétés de productions américaines peuvent redouter que cette diffusion ne compromette la bonne exploitation commerciale ultérieure de leurs programmes – en particulier la vente aux chaînes françaises ; la France peut, de son côté, craindre que la diffusion « incontrôlée » de programmes d’information, de fictions ou de publicités américaines sur son territoire n’ait une influence néfaste sur son public… (Elle en a déjà, mais au moins, c’est de la faute des chaînes françaises…) 

Ce qui est dommage, c’est que semblable diffusion ne soit pas possible, même sous forme payante (Personnellement, je préfèrerais payer pour regarder HBO que de recevoir TF1 gratuitement).

 

D’un autre côté, Il est actuellement impossible de voir l’immense majorité des séries américaines récentes à la télévision française  dans de bonnes conditions ; parmi les éléments qui compromettent cette bonne vision des séries en France, citons : la censure d’épisodes et les coupes de scènes opérées par les chaînes hexagonales ; les VF (traduction et interprétation) bâclées ou carrément modifiées au mépris du respect des auteurs ; la diffusion en bouche-trou, à des horaires impossibles (journée, nuit) ou sur un rythme incohérent (deux ou trois épisodes à la fois, dans le désordre le plus complet) ; etc.

A noter que les séries britanniques font l’objet de la même censure de fait, puisque les grandes chaînes françaises (TF1, France Télévision) évitent soigneusement de diffuser les séries britanniques les plus audacieuses sur les canaux et aux heures de plus grande écoute.

 Aujourd’hui, hormis l’achat de DVD plusieurs mois après la première diffusion, la seule possibilité offerte à l’amateur pour voir des séries américaines ou britanniques en « temps réel » (quand il ne vit pas dans leur pays de diffusion), c’est le téléchargement. C’est de plus la seule possibilité de regarder des séries au même rythme que les spectateurs auxquels elles sont destinées. En effet, la plupart des « torrents » d’épisodes de séries sont mis en ligne dès le lendemain de (et parfois quelques heures seulement après) leur diffusion.

 

Pourquoi vouloir regarder les séries au rythme de leur diffusion ?

La réponse est tellement simple et évidente qu’elle échappe complètement à ceux qui n’y connaissent rien : parce qu’elles sont faites pour être regardées comme ça !!!

 Ainsi, même si elle ne sont pas les plus nombreuses, on peut comprendre clairement l’intérêt de regarder, en même temps qu’elles sont diffusées, les séries résolument feuilletonnantes, dont la narration est conçue pour se dérouler sur plusieurs épisodes ou sur toute une saison (24, Desperate Housewives, Heroes, Prison Break, pour ne citer que les plus connues) ; bien sûr, on peut attendre de tout voir en DVD, mais les deux modes de lecture ne sont pas identiques, car l’attente imposée au public par le rythme hebdomadaire détermine la manière dont ces séries sont conçues par leurs auteurs.

Il est donc légitime de dire qu’une série feuilletonnante peut se regarder de deux manières : séquentielle (un épisode par semaine) ou « à jet continu » (plusieurs épisodes - voire une saison - d’affilée). Exactement comme un feuilleton quotidien ou les nouvelles d’un auteur publiées en magazine.

Même lorsqu'elles ne sont pas feuilletonnantes, beaucoup de séries diffusées entre octobre et mai sont rythmées par des événements annuels qui concernent soit les spectateurs, soit les chaînes elles-mêmes, soit encore le pays tout entier !

De manière variable en fonction du type de série (familiale ou non, réaliste ou fantastique, comique ou noire) beaucoup d'épisodes sont « calés » sur des repères temporels communs à tous les spectateurs américains :

- fêtes familiales ou communautaires (Thanksgiving, Halloween, Noël, jour de l’an) ;

- dates importantes pour les jeunes gens (rentrée scolaire, Saint Valentin, « spring break » (vacances de printemps des étudiants), remise des diplômes de fin d’études secondaires) ;

- manifestations sportives (Super Bowl), etc.

 

De plus, les scénaristes s’inspirant très souvent de faits de société contemporains (affaires judiciaires, faits divers marquants, débats politiques, conflits armés, etc.), les séries constituent en elles-mêmes un regard personnalisé, à peine décalé dans le temps, sur l’histoire contemporaine des Etats-Unis. En un sens, chaque série est plus ou moins une chronique individuelle ou collective de la société environnante. 

 Ainsi, entre 1990 et 2006, sous la ligne éditoriale de René Balcer Law & Order et L&O Criminal Intent ont procédé à un examen méthodique de nombreuses formes d'abus de pouvoir, tant individuelles que collectives, exercées au sein de la société américaine.

Tout récemment, au mois d’Octobre 2007, deux séries très regardées, diffusées sur deux chaînes concurrentes (Law & Order SVU, Without a Trace) ont consacré des épisodes marquants dénonçant la torture, l’une pratiquée par l’armée américaine, l’autre par la CIA.

 La programmation et le fonctionnement commercial des chaînes influe aussi sur le contenu des séries : pendant les sweeps (périodes de mesure de l’audimat qui conditionnent la vente des espaces publicitaires), en novembre, en février et en mai, les chaînes appellent les sociétés de production à proposer des épisodes spéciaux, soit par leur forme (épisode double, crossover entre plusieurs séries, épisode en direct), soit par les guest-stars invitées, soit par leur contenu. La semaine du 7 novembre 2007, les séries de NBC ont consacré tout ou partie d’un de leurs épisodes au thème de l’écologie, la comédie 30 Rock ayant même accueilli le récent Prix Nobel de la Paix Al Gore.

Je voudrais enfin citer ne raison toute simple pour laquelle un amateur français de séries pourrait vouloir les regarder au rythme où elles sont diffusées : c’est, tout bonnement, son goût pour cette forme d’expression culturelle. 

 Il paraît parfaitement acceptable que le lecteur français d’un quotidien ou d’une revue américaine aille l’acheter dans une librairie spécialisée quelques jours après de sa parution, ou s’abonne pour le recevoir de manière aussi régulière que s’il l’achetait sur place. Le désir de regarder des séries télévisées au rythme où elles sont diffusées procède du même mécanisme, et n’a rien en soi de particulier. Mais le regard porté sur ces spectateurs de séries résulte de la mauvaise image générale des programmes de télévision, et non de la « qualité » intrinsèque de ces programmes. Selon que l’objet est « noble » (journal, revue) ou « méprisable » (émission de télévision), celui qui s’y intéresse régulièrement sera qualifié d’ « amateur », de « consommateur » ou « d’accro ». En France, ce qui est produit pour la télévision n’est le plus souvent pas considéré par les « élites intellectuelles » comme étant aussi « noble », ni aussi respectable, que ce qui est produit pour l’édition, le cinéma ou le théâtre. Il s’agit évidemment là d’un pur préjugé de classe.

 

Du téléchargement comme acte subversif et esthétique

 Je crois l’avoir suggéré jusqu’ici, pour le spectateur français amateur de séries, le téléchargement est moins une méthode destinée à « ne pas payer » (le téléspectateur américain ne paie pas non plus les séries qui lui sont proposées par les networks, et quand il s’abonne à une chaîne câblée, c’est pour bénéficier de l’ensemble de ses prestations, pas seulement des fictions) qu’un moyen d’accéder à des émissions qui ne lui sont pas proposées dans son pays

Le téléchargement peut donc parfaitement être vu comme un acte éminemment subversif puisqu’il transgresse les réglementations du pays ou de la région et permet de voir les fictions telles qu’elles ont été montrées initialment, sans subir les manipulations (V.F., coupes, etc.) effectuées par les chaînes de seconde diffusion.

 Il est par conséquent hypocrite de reprocher d’une part à un internaute français de télécharger des fictions américaines (qui ont souvent une grande portée politique et critique)… et  de louer d’autre part l’internaute chinois, par exemple, qui recherche via l’internet une information libre et critique sur des sites occidentaux…

 Du fait que les fichiers vidéo partagés en ligne (le téléchargement est un processus de distribution simultanée) ne contiennent pas de publicités, le téléchargement est également subversif en ce qu’il court-circuite le circuit commercial de distribution des fictions. On remarquera cependant que la suppression des publicités n’est pas le résultat du téléchargement, mais le fait du spectateur qui enregistre sans pub, grâce à un décodeur/enregistreur numérique programmable, l'épisode qu'il a ensuite l'intention de partager avec d'autres internautes. 

 

Enfin, l'acte qui consiste à regarder des séries (téléchargées ou en DVD), sur un ordinateur portable en particulier, revêt également pour le spectateur un aspect esthétique, pour ne pas dire synesthésique.

La multiplicité des méthodes de diffusion des images permet en effet de choisir la distance du regard et de l’écoute : sur l’écran d’un ordinateur portable, les images occupent un champ de vision plus personnel, plus intime que l’est un écran de télévision ou de cinéma, et beaucoup plus lisible que celui celui des lecteurs de petite taille, type Ipod, pour lesquels existent désormais tout un marché de vidéos à télécharger.

Coiffé d’un casque audio, les mains posées sur le clavier ou la souris, les yeux fixés sur l’écran rectangulaire d’un ordinateur portable posé sur ses genoux le spectateur se trouve visuellement, auditivement, tactilement parlant à la fois autour et au centre de la fiction qu’il regarde.

Cette expérience de plongée dans une sorte de « caisson sensoriel » est-elle enfermement ou évasion ? Eh ! (comme dirait "Q" (1)) Les deux, Mon Capitan !  Le spectateur plongé dans une bonne série se met hors du temps et explore la réalité.

Ni plus, ni moins qu'un lecteur plongé dans un roman.

 
Martin Winckler

(1) Le "Q" de Star Trek, interprété par l'excellent John DeLancie, pas celui de James Bond 

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Prochains épisodes  :

- "Flop" de Heroes sur TF1.  Une explication personnelle...

 - Les séries télé comme outil pédagogique

- La critique de séries existe-t-elle en France ? 

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Tous les commentaires de l'article:
Télécharger ou ne pas télécharger ? (2/2) – Mais pourquoi se donner autant de mal ?

  • Pat

    mar 08 jan 2008 12:23

    Merci pour cet article qui exprime tout à fait ma pensée. Je ne conçois le visionnage d'une série américaine ou britannique qu'en sa version originale, avec les vraies voix des acteurs, les allusions aux événements du pays d'origine de la série et, si possible, au rythme de la sortie des épisodes.

    En France, trois solutions: l'achat de DVD et le visionnage (éventuellement hebdomadaire avec un an de décalage - mais qui ferait ça???), le visionnage en streaming légal et payant sur Internet et le téléchargement en P2P.
    A priori, je ne vais pas regarder les épisodes plusieurs fois, une fois me suffit. Si je suis vraiment accro, je peux acheter le DVD. Je fais aussi partie des gens qui peuvent se permettre de payer 2-3 euros pour regarder un épisode de série - mais ne suis pas prête à le faire pour du streaming! A ce prix-là, je veux pouvoir le garder.
    Si j'ai le fichier sur mon ordinateur, je peux le regarder hors connexion (donc à un endroit plus confortable que mon bureau), et je peux interrompre et reprendre le visionnage à loisir.

    Un hic supplémentaire: je vis actuellement à Dakar, où je n'ai que très difficilement accès aux DVD à l'achat et où je dispose bien d'une connexion ADSL, mais pas à un débit assez rapide pour pouvoir regarder du streaming sans que ça fasse du stop-and-go.
    La communauté d'expats divers et variés est heureusement assez partageuse et on se prête volontiers DVDs et disques durs...

    Petite remarque à l'intention d'Alexis Z.: les 7 saisons de Buffy en DVD pour 50 euros le tout, l'été dernier sur un vide-grenier en Haute-Garonne, éditions collector et état nickel... ;-))

  • nora

    sam 08 déc 2007 22:07

    Merci pour l'article, toujours aussi intelligent.

    C'est vrai que si les chaines françaises respectaient les series ( oeuvres ) tv autrement que pour leurs audimats : respect de la vo, de l'ordre des épisodes , retard entre les saisons ( j'ai le souvenir d'une énorme frustration quand il a fallu attendre plus de deux ans la sortie des DVD après le final de la 1e saison de The West Wing diffusé à point d'heure sur F2 , entre nombreux exemples ...) et sans censure ni pubs ! ) ;
    donc si les chaines respectaient les oeuvres ( je mets à part Canal + ===> encore merci pour la diffusion non stop des 5e et 6e saisons de The Shield !!! ), on n' aurait moins envie d'aller chercher ailleurs.

    Pour les seriephiles et seriphages que nous sommes, cherchant la qualité et le respect, télécharger pour suivre sa serie préférée en meme temps qu'au States me semble logique tant qu'il n'y auras pas d'autres possibilités, ne nous empeche pas d'acheter des DVD ou de suivre une serie sur les chaines françaises quand elle est bien diffusée. ( Toujours merci canal + )

    Alors arretons l'hypocrisie. j'éteindrai mon PC quand TF1 ( gros moyens donc gros achats de series mal diffusées ... Qui attend encore la diffusion d'Angel apres la fin de la saison 3 ? ) diffusera ses series respectueusement....

    En attendant ce sont les seriephiles, de tout bord ( internet ou pas ) qui font le buzz et font vivre l'interet constant et croissant pour toutes ces series qu'on aime....
    Aller bon visionnage à tous !

    (PS pour ce blog que je viens de trouver. Merci pour son existence, je vais devenir une fidèle en attendant le bouquin en Janvier )

  • mailtoFranck Noel

    lun 12 nov 2007 14:11

    Le téléchargement de série dépend effectivement, à mon sens, de leur mode d'exploitation en France. Ainsi, abonné à Canal+, je ne vois pas l'intérêt de télécharger "Desperate Housewives" ou "24", car je sais qu'elles seront diffusées correctement, en 16/9 et en VM.
    Par contre, si j'ai téléchargé la 4ème saison des "4400" ou l'actuelle seconde saison d'Heroes, c'est pour éviter la VF calamiteuse d'M6 et, je l'avoue, pour censurer TF1 (qui a tout de même fait un effort récemment en diffusant "Heroes" en VM !)
    Pour moi, le téléchargement est complémentaire de la diffusion télé et des dvd que je peux soit acheter, soit louer.
    Mais il est certain que cette solution n'est pas économiquement viable, car elle n'est financée ni par un abonnement ni par la publicité.
    TF1 a bien tenté de mettre la saison 2 de Heroes en VOD sur son site, mais à un prix exorbitant (2,99 € l'épisode !) et uniquement en streaming.
    Si l'on veut voir la VOD se développer en la matière, il faudrait peut-être prendre exemple sur les USA où les épisodes sont librement disponibles, mais... coupés par de la publicité ! Ces épisodes sont hélas inaccessibles en France, sauf à "bidouiller" un peu...
    ;-)

  • Alexis Z.

    sam 10 nov 2007 22:04

    Cet article très intéressant m'a beaucoup plu (ça fait deux euphémismes secs, je l'admets !).
    Mais vous passez un peu vite sur deux aspects financiers non négligeables.
    1) L'entreprise qui produit la série et la vend (à perte ! et oui, il me semble bien avoir lu ça dans votre livre "Les Miroirs obscurs") à la chaîne US qui en assure la 1re diffusion a besoin de recettes supplémentaires : revente à des chaînes locales, à l'étranger, et depuis quelques années vente de DVD. On peut comprendre qu'ils aient peur de ne pas gagner ce qui leur est dû si le succès est mesuré et les téléchargements massifs.
    2) Le lecteur qui veut acheter les 7 tomes de la série "Harry Potter", ou les 7 tomes d' "A la recherche du temps perdu", dépensera aujourd'hui
    environ 75 euros pour H.Potter, et de 31 à 55 euros pour "La Recherche" selon les diverses éditions économiques ou en poche, et certainement moins de 25 euros s'il trouve des livres de poche d'occasion. (Et même s'ils sont vieux et un peu abîmés, il seront toujours lisibles car un vieux livre abîmé c'est pas comme un vieux DVD abîmé !)
    Le même, devenu spectateur, qui achètera les 7 saisons de "Buffy The Vampire Slayer" devra dépenser de 200 euros (super promos en 2007 sur toutes les saisons en hypermarché) à 260 euros (ce que j'ai payé en hypermarché en 2005), voire 355 euros (prix observés en 2005 chez certaine enseigne culturelle très célèbre, mais en 2004 c'était quasiment le double). C'est quasiment dissuasif, non ? Surtout que pour lire Rowling et Proust on peut emprunter en bibliothèque pour voir si on aime, avant d'acheter. Comment voir un peu de l'oeuvre de Whedon gratuitement (en vost ou même l'infâme vf qu'a diffusée M6) aujourd'hui que ça n'est plus diffusé ? Et c'est valable pour presque toutes les séries qui ont été diffusée une fois : elles disparaissent sans grand espoir de revoir, sauf pour les plus fortunés qui peuvent dépenser de 250 à 600 euros ou plus selon les cas !

  • mailto Aska

    sam 10 nov 2007 19:32

    Bonjour,
    Je me permets de faire quelques remarques :

    - Je ne suis pas convaincu à l'ère du haut débit et des ordinateurs avec graveurs DVD et des disques durs à haute capacité en série que le téléchargement soit si contraignant. Au minimum pour les jeunes générations, l'aspect technique du téléchargement est largement compris et assimilé. Comparé au DVD, il y a quand même une notion de gratuité même si il demeure des coûts indirects assez onéreux (l'achat du matériel et de l'accès à internet), mais de moins en moins. Le téléchargement présente aussi le même avantage que le DVD à savoir la possibilité de regarder un épisode quand on le souhaite. Je me pose alors cette question sur ce qui est le plus contraignant : se rendre disponible toutes les semaines à une heure fixe devant son écran de télé pour ne pas louper sa série préférée ou la télécharger sur Internet ?

    - La raison que vous évoquez sur le téléchargement à savoir regarder la série au rythme où elle est diffusée est sans nulle doute la raison majeure du téléchargement. Certes la qualité du téléchargement est moindre que celle du DVD ainsi que la qualité du sous-titrage (je demeure néanmoins épaté par le travail de ces communautés de sous-titreurs). Cependant, elle demeure bonne et je dirais suffisante pour la majorité des spectateurs.
    Il existe selon moi d'autres comportements : certains "téléchargeurs" aiment aussi à regarder une série "d'un coup" et d'autres peuvent télécharger des épisodes longtemps après leur diffusion car ils sont un peu comme les personnes regardant les séries à la télévision (soit l'immense majorité) : une fois ça suffit. Ces spectateurs n'ont pas besoin de revoir ou d'acheter les DVD et le super-full-HD-ready-that-echoes-for-eternity les émeut assez peu.
    J'aime beaucoup les séries (et le cinéma). Je regarde plusieurs fois les épisodes de Heroes pour m'en imprégner et j'aime revoir certaines séries. Je pense toutefois faire partie d'une minorité de spectateurs.

    - Minorité non négligeable qui fait les bons jours des producteurs, trop heureux de pouvoir vendre leur série sur un nouveau support (le DVD). Je ne suis pas un spécialiste mais avant l'explosion support DVD, ce type de vente était a priori confidentiel et n'a commencé qu'à prendre son ampleur assez tardivement (peut-être le milieu des années 90 - j'ai d'ailleurs acheté toutes les VHS de X-Files, des as du marketing ces gens là, profitant du décalage d'un an ). Ampleur qui va de pair avec le téléchargement, "massif" selon les producteurs. Je ne me fais pas de soucis pour eux avec ce nouveau marché.

    - Il demeure qu'internet a plus que jamais mis en évidence le problème du décalage entre le passage des séries des deux côtés de l'atlantique. Les faiseurs du série et les diffuseurs doivent prendre en compte ce phénomène et j'espère que cela ne passera pas par de la production bête et méchante. Sur ce sujet, j'ai été agréablement surpris de la démarche de TF1, chaîne pourtant habituellement peu portée sur la nouveauté, qui propose la saison 2 de Heroes le lendemain de la diffusion aux USA en Version originale sous-titrée. L'avenir semble donc être à la video on demand (enfin, il faudrait voir si l'initiative de la première chaîne rencontre quelque succès) et je souhaite que d'autres chaînes fassent de même.
    On notera quand même, au gré des forums que j'ai parcourus et des conversations avec mes collègues, que le prix (3 puis 2 euros par épisode) de cette exclusivité semble rédhibitoire. Cela m'a beaucoup surpris et m'a ramené à reconsidérer l'aspect gratuit du téléchargement qui ne peut du coup être exclu du débat d'un revers de la main.


    Au plaisir de vous lire (car je suis authentiquement heureux de lire le blog de l'auteur des Miroirs de la vie).

    Aska

  • mailtoElodie

    ven 09 nov 2007 16:54

    Tout a fait d'accord !! si les séries étaient retransmises en VOST et les épisodes dans le bon ordre, ce serait tellement bien !! Je ne suis pas une boulimique de séries, mais j'avoue qu'une fois entrée dans une, j'ai du mal a m'en défaire. C'est notamment le cas pour Desperate Housewives que j'ai découvert en VOST et que j'ai littéralement adoré, mais je n'ai pas pu voir la version francaise, les voix francaises étant selon moi trop loin des vraies et faisant perdre une bonne partie du "caractère" des personnages...
    Vouloir regarder les épisodes des qu'ils sortent dans leur pays d'origine ne veut pas dire qu'on n'achetera pas les coffrets, mais juste qu'on est imprégné de la série et pourquoi attendre puisque le net nous offre cette possiblité la !!

    Bien souvent les chaines francaises ne nous offre pas bcp de nouveauté (je parle des chaines hertziennes), on tourne souvent sur les memes séries et la rediffusion de nombreux épisodes ce qui est tres lassant...
    C'est sur que des que l'on s'interesse aux séries télé, on se tourne rapidement vers les séries américaines (memes si certaines séries francaises sont tres bien faites aussi) et pour ressentir l'esprit de la série je pense que la VO est ce qu'il y a de mieux.
    Néanmoins, je me demande quand meme si le fait d'arreter la diffusion des épisodes en steaming sur des sites tel que daylimotion ou you tube pousse vraiment les gens a ne pas télécharger ?..

    En tout cas, un grand merci pour ce blog.

    Elodie

  • mailtoPierre Puget

    jeu 08 nov 2007 19:32

    Magnifique article que je ne peux qu'appuyer (dit-il, penché sur son portable prêt à se plonger dans la suite de Californication...).

    Et oui, la seule manière se suivre les séries en VO, dans l'ordre et leur époque, est bien le téléchargement. Et je ne pense pas que cela nuise aux ventes ultérieures de DVD (il suffit de regarder mon étagère à côté de la télé !).

    Merci,

    Pierre