Accueil Date de création : 01/10/07 Dernière mise à jour : 27/05/09 21:10 / 42 articles publiés
 

Les carabins  posté le mardi 29 janvier 2008 19:45

L'article de la semaine dernière m'a donné l'idée de retourner chercher dans mes archives ce que j'avais écrit pour d'hypothétiques fictions de télévision. J'ai retrouvé le texte suivant, qui date de juillet 2002.

Il a été refusé. Il était peut-être mauvais. Moi, je l'aimais bien. Si vous avez une opinion, je suis preneur.

 

LES CARABINS

Téléfilm-pilote de 90’

par Martin Winckler

 

L’époque : aujourd’hui.

Le cadre : Tourmens, grande ville de province située quelque part dans les Pays de la Loire.

Les lieux de l’action : la faculté de médecine et le CHU, un foyer d’étudiants, un café où ils se réunissent, le cinéma qu’ils fréquentent.

 

Prologue

 

Emmanuelle Boissieux, 21 ans quitte à grands bruits son étouffante famille de grands bourgeois parisiens et saute dans un train à destination de Tourmens. Le train fait un arrêt à une quarantaine de kilomètres de Tourmens. Daniel Karbin, 24 ans, qui vient de faire interner sa mère dans une clinique psychiatrique y monte et s’installe près d’Emmanuelle. Tous deux se rendent à Tourmens pour y poursuivre leurs études de médecine.

 

1.L’arrivée

 

Daniel et Emmanuelle débarquent dans la ville trempée de pluie et se rendent compte... qu’ils habitent dans la même résidence d’étudiants. Emmanuelle est manifestement angoissée et perdue. Daniel la rassure. Il l’emmène au cinéma. Ils y retrouvent Willy Arthus, un ami de Daniel qui fait ses études de médecine à Tourmens et trois autres étudiants : Sophie Partouche, Jean Ramis et Millie Winter. Les quatre étudiants ont l’habitude d’aller en bande au cinéma “ Le Royal ” une fois par semaine. Ils invitent Emmanuelle et Daniel à venir dîner avec eux après le film, mais Emmanuelle préfère rentrer. Daniel la raccompagne. Quand ils arrivent à la résidence, Emmanuelle lui demande de passer la nuit avec elle.

Le lendemain, ils vont à la fac. Ils y retrouvent le groupe des quatre. C’est le jour du choix. Dans le grand amphithéâtre de la faculté de Tourmens, on tire au sort les stages où les étudiants en médecine de troisième année feront leurs premières armes d’externe “ au lit du malade ”. 

Le doyen leur explique que la faculté de Tourmens est une faculté pilote, qui expérimente une nouvelle méthode d’enseignement : un médecin, un interne, un étudiant. Ils seront les premiers à bénéficier de cette expérience. Avantage : ils seront très accompagnés. Inconvénient : ils auront beaucoup plus de travail qu’avant.

Willy, Jean, Sophie et Millie bossent ensemble depuis l’année du concours. Tous quatre ont un trait qui les met “ à part ” : Willy, 25 ans, engagé volontaire parachutiste à 18 ans, a quitté l’armée après un accident pour faire médecine. Sophie, 23 ans, née avec un pied bot qui la fait boîter, milite dans des associations d’aide au tiers-monde, elle est allée en Afrique plusieurs fois, elle dit que “ la vraie médecine se fait là-bas ”. Jean, plus âgé que les autres (il a 35 ans), est ancien séminariste et homosexuel. Il travaille comme infirmier de nuit dans une clinique privée des environs de Tourmens. Millie Winter, 21 ans, est une fille de bonne famille (son père est un gynécologue obstétricien de renom) qui pourrait être une cousine de province d’Emmanuelle. Mais contrairement à Emmanuelle, qui sait prendre soin d’elle, c’est une jeune femme qui a des comportements à risque : elle sort seule et aguiche les premiers types venus. Elle s’est jointe au groupe après que Jean lui a évité, un soir, de se faire violer dans la rue.

Daniel et ses camarades tirent au sort leurs stages: Willy se retrouve aux soins palliatifs, Sophie en pédiatrie, Daniel aux urgences, Jean à la maternité et Millie dans un service de psychiatrie... Emmanuelle, elle, a tiré un stage très technique : le laboratoire central du CHU. Comme Millie est désespérée à l’idée d’aller en psychiatrie, Emmanuelle échange son stage avec elle. Les six amis se promettent de toujours s’entraider : un pour tous, tous pour un, et de finir leurs études ensemble.

2.  Les premières armes 

 

Aux urgences, Daniel entre en conflit avec l’interne, très autoritaire, qui brutalise les soignants et manipule le médecin-chef de service. Après plusieurs accrochages, il finit par décider de se débrouiller tout seul. Il se lie d’amitié avec deux infirmiers, une africaine et un médecin croate dont le diplôme n’est pas reconnu en France.

Aux soins palliatifs, Willy est accueilli par le médecin chef, âgé d’une soixantaine d’années, vieux militant de la lutte contre la douleur, mais aussi par l’épouse de celui-ci, l’attachée du service - qui, du jour au lendemain, sans crier gare, fait de Willy son amant après avoir rompu avec son amant précédent, interne dans le service...

En pédiatrie, Sophie découvre que la souffrance existe aussi en France. Elle découvre les enfants maltraités, les clandestins, les anorexiques, les cancéreux... Elle est supervisée par une interne enceinte de six mois.

À la maternité, Jean a beaucoup de mal à faire des examens gynécologiques car les femmes lui font peur. L’interne, surtout intéressé par la chirurgie, ne s’occupe pas de lui. Les sage-femmes expliquent à Jean que son calme, sa douceur et son absence de machisme font de lui un interlocuteur idéal pour les femmes enceintes. Elles l’encouragent à prendre des gardes d’obstétriques et à faire des accouchements.

 

Au laboratoire central, pour Millie, finalement, le stage n’est pas aussi “ peinard ” qu’elle le pensait : l’interne, qui ne s’intéresse pas du tout au contact avec le patient, lui laisse accueillir ceux qui viennent au laboratoire. Un père harcèle les biologistes pour savoir si son fils a, ou non, une leucémie ; une femme venue chercher un résultat de sang apprend que son ami (dont c’est le résultat) est séropositif ; et dans le centre de transfusion sanguine adjacent, les SDF viennent donner leur sang en échange d’un repas.

En psychiatrie, dès le premier jour, Emmanuelle se retrouve seule avec une malade schizophrène énorme, qui se met à tout casser dans la chambre. Elle la calme en lui chantant des contines. Impressionnée, la psychologue du service propose à Emmanuelle de l’accompagner dans les différents services où elle travaille... en particulier à la clinique “ La Clôture ”, située à une quarantaine de kilomètres de Tourmens, où la mère de Daniel est hospitalisée. Sans le dire à Daniel, Emmanuelle accepte et, à “ La Clôture ”, elle rencontre la mère de Daniel, une femme repliée sur elle-même qui tricote d’interminables écharpes noires... 

 

3. L’épreuve

 

Deux mois ont passé. Daniel et Emmanuelle vivent ensemble depuis le premier jour. Manifestement, ils sont faits l’un pour l’autre. En allant chercher Sophie dans le service de pédiatrie, ils se mettent à parler d’avoir des enfants. Daniel n’est pas très chaud parce qu’il redoute que la schizophrénie de sa mère ne soit héréditaire (il y a eu d’autres malades dans la famille). Emmanuelle lui répond qu’une famille de grands bourgeois coincés c’est très toxique pour les enfants, et qu’elle aura besoin d’un peu de folie pour les élever... Ils conviennent tous deux que ça serait tout de même un peu tôt. Ils en ont marre des préservatifs, et Emmanuelle dit qu’elle va aller se faire prescrire une contraception.

On la voit sortir du foyer d’étudiants un matin avec Daniel. Ils vont en scooter au CHU. Daniel la dépose devant le service de psychiatrie mais, quand il s’en va, elle fait demi-tour et se dirige vers la maternité. Elle y rejoint Jean, on les voit parler, mais on n’entend pas ce qui se dit. Jean lui fait une prise de sang. Elle ressort, elle a l’air plutôt gaie. Elle rejoint la psychologue du service. Elles partent toutes deux pour “ La Clôture ” où Emmanuelle a déjà passé plusieurs heures avec la mère de Daniel.

À “ La Clôture ”, la mère de Daniel fait une crise de délire intense. Le médecin qui s’occupe d’elle prescrit une augmentation de la dose de neuroleptiques, mais sur un concours de circonstances imprévu, la patiente ne les prend pas.

Dans le service de pédiatrie, Sophie apprend que son interne a accouché prématurément dans la nuit. Comme personne n’est là pour la remplacer, c’est à elle d’accueillir les enfants. Elle reçoit un garçon de dix ans suspect de méningite et un bébé couvert d’eczéma.

Au laboratoire, Millie voit passer le résultat de la prise de sang d’Emmanuelle. Elle est bouleversée et, voyant que l’examen a été fait à la maternité, elle appelle Jean. Elle lui exprime sa jalousie à l’égard de Daniel et Emmanuelle. Jean lui rappelle qu’elle n’est pas censé savoir quoi que ce soit : vis à vis de ses amis aussi, le secret médical existe.

Aux urgences, Daniel a fait appeler l’interne des soins palliatifs pour un patient cancéreux au stade terminal. Les urgences sont bondées (il y a une grève des généralistes), tout l’hôpital est surchargé et personne ne veut de ce patient qui est entré il y a plusieurs jours et dont on dit qu’il va mourir d’une minute à l’autre, mais qui continue à vivre... et à souffrir. L’interne des soins palliatifs, accompagné de son externe, Willy, arrivent aux Urgences. Au moment où Daniel les accueille, on vient le chercher : Emmanuelle est hospitalisée après avoir été agressée par une patiente de “ La Clôture ”, qui lui a donné plusieurs coups d’aiguille à tricoter dans le ventre. Au cours de la nuit qui va suivre, les quatre amis vont se relayer deux à deux au chevet d’Emmanuelle, qui a fait une hémorragie interne grave et a été opérée, lutte entre la vie et la mort. Chacun d’eux va s’interroger sur les raisons pour lesquelles il a décidé de faire ce métier. Paradoxalement, Millie, qui semblait la moins armée - mais qui se sent coupable d’avoir échangé son stage avec Emmanuelle et de l’avoir ainsi mise en danger - va remonter le moral des trois autres. Jean et elle décident de garder le secret sur le résultat de l’examen qu’a fait Emmanuelle. Mais ce secret est lourd : Emmanuelle était enceinte.

Épilogue

Au matin, on apprend qu’Emmanuelle a dû être réopérée, et qu’on lui a enlevé l’utérus. Elle survivra, mais ne pourra jamais avoir d’enfants.  Chacun des quatre amis repart vers son service, tandis que Daniel reste au chevet de sa compagne. Emmanuelle lui rappelle leur promesse collective et lui dit qu’il doit reprendre le travail, lui aussi. Elle a besoin qu’il le fasse pour pouvoir se rétablir. Elle s’assied dans son lit et lui dit : si je peux me relever, tu peux le faire toi aussi.


Les personnages principaux

 

 

Quand Daniel Karbin était enfant, puis au lycée, son patronyme lui valait pleins de surnoms bizarres - rabbin, larbin, carabin. Son père, Charles, a disparu quand il avait neuf ans. Sa mère, Denise, est folle depuis la disparition de son père. Ce sont ses grands-parents maternels qui l’ont élevé. Petits commerçants, ils ont trois magasins de chaussures gérés par leur fils Jacques - le frère cadet de Denise. Jacques et Daniel ne s’entendent pas. L’oncle traite le neveu d’incapable et lui reproche l’abandon de sa mère par son père. Daniel est souvent en conflit avec Jacques et l’année de son bac a été pénible car Jacques ne cessait de lui demander ce qu’il allait faire de sa vie, qu’il ne vivrait pas éternellement aux crochets de ses grands-parents, etc. Excédé, Daniel ne cessait de se répéter qu’il ne passerait pas son bac et s’en irait le jour de ses 18 ans. Mais trois mois avant le bac, la veille de son anniversaire, il a regardé dans un dictionnaire ce que “ carabin ” voulait dire, et il a découvert que le mot, qui vient de l’expression “ carabin de St Côme ” (St Côme était l’hopital chirurgical à Paris), désigna d’abord un apprenti-chirurgien, puis, par dérision, un étudiant en médecine. Il a décidé de passer son bac et de devenir médecin.

 

Emmanuelle Boissieux, a 20 ans. C’est une jeune femme très brillante, qui a passé son bac très tôt et a eu le concours de médecine du premier coup. Elle a une famille très bourgeoise, très protectrice, très étouffante, à qui elle cherche à échapper : elle est la seule enfant de ses parents et la seule petite-fille d’un grand-père propriétaire d’un laboratoire pharmaceutique. Tout le monde aurait voulu faire d’elle le chef d’entreprise qui aurait pris les rènes de la société à la suite de son père et de son grand-père. Lorsqu’elle leur apprend qu’elle n’a pas du tout l’intention de bosser dans l’entreprise mais veut exercer la médecine, évidemment, tout le monde s’étouffe...

 

Willy Arthus a 26 ans. En sortant du lycée, il s’est engagé dans l’armée, où il est resté trois ans. Il en a gardé les cheveux courts, un goût un peu immodéré pour les boots (il ne met que ça) et une carrure solide (il était parachutiste) mais c’est un garçon d’une extrême douceur. Il a veillé pendant toute une nuit un ami qui s’était brisé la nuque après un saut d’exercice en forêt sans pouvoir l’aider, en attendant les secours. Au matin, son ami est mort sans qu’il ait rien pu faire. Il a quitté l’armée et commencé des études de médecine. Il a déjà travaillé comme aide-soignant à l’hôpital.

 

Sophie Partouche, 23 ans est brune. C’est une jeune femme pleine d’énergie, mais qui boîte (une luxation congénitale de hanche mal opérée). Bien entendu, elle veut devenir chirurgien orthopédique et guérir tous les boiteux de la planète. Elle a passé un an en Afrique avec un programme d’échanges d’étudiants, avant de faire médecine, et ne rêve que d’y retourner. Elle milite au sein d’une association mi-“ Restaus du cœur ” mi-“ Médecins du monde ” qui s’occupe de SDF, de sans-papiers, de femmes battues ou violées, de toxicomanes, etc. Elle est amoureuse de Willy mais ne lui en a jamais rien dit. 

 

Jean Ramis, 35 ans, est un ancien séminariste devenu infirmier. Après dix ans passés à servir de bouc-émissaire aux médecins, il a décidé de passer le concours et de le devenir à son tour. Il est homosexuel, ne s’en cache pas mais ne l’affiche pas non plus. Il vit seul et n’a pas de compagnon. Il est séropositif depuis une dizaine d’années. C’est le “ parrain ” des trois autres. Il leur sert de mentor, il connaît déjà le soin, et leur prodigue des conseils avisés. Il est le confident de ses amis et de toutes les infirmières et aides-soignantes avec qui il travaille (il est infirmier de nuit). Jean est un grand amateur de séries télévisées. Il adore les soaps, les séries sentimentales, mais aussi les séries noires et la science-fiction et les cite en exemple chaque fois qu’on lui demande conseil. 

 

Millie Palmer a 21 ans et les joues constellée de taches de rousseur. Fille d’un professeur d’obstétrique connu sur le plan international pour ses recherches sur la fécondation in vitro. Son père, qu’elle adore, est aussi affectueux qu’une porte de prison. Pendant sa première année de faculté, elle a été une étudiante extrêmement brillante (première de sa promotion). Depuis qu’elle a réussi le concours, elle fait n’importe quoi, boit, fume, prend de l’ecstasy, court les raves, ne cesse d’aller d’amant en amant, et ne réussit à passer ses examens que parce qu’elle a une mémoire prodigieuse et une intelligence phénoménale. Elle s’est déjà fait avorter deux fois. Elle est terrorisée à l’idée de se retrouver devant des patients. Elle tombe amoureuse de Daniel le premier jour où elle le voit, au cinéma.

 

Les cinq amis se sont liés trois ans auparavant quand Willy, Jean et Sophie se sont mis à bosser ensemble. Millie les a rejoints après que Jean lui a évité de se faire violer en pleine rue. Ils ont pris l’habitude d’aller en bande au cinéma “ Le Royal ” une fois par semaine ; il y a cinq salles, ils ne vont pas toujours voir le même film, mais dînent ensemble après la séance pour partager ce qu’ils ont vu. Ce dîner est aussi l’occasion de parler de ce qu’ils ont vécu pendant la semaine.

 

 

 

 

 

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Tous les commentaires de l'article:
Les carabins

  • minette

    jeu 24 avr 2008 17:31

    Eh bien... Je voudrais d'abord revenir sur le côté "un serment d'entraide pour la vie", qui est très peu crédible, comme certains commentaires l'ont relevé.
    Cependant, d'autres éléments le sont tout aussi peu, mais ne choquent personne. J'en viens donc à penser que ce qui nous gêne dans ce serment, c'est son aspect tout beau, tout rose.

    Par ailleurs, il me semble qu'on trouve là les éléments d'une excellente série, mais ... Donnez-la à des américains et elle entrera avec tous les honneurs sur une chaîne française, donnez-la à une chaîne française et on vous rétorquera que le public ne l'appréciera pas.
    Ou alors, on gardera le pied bot, mais on supprimera le médecin homo et séropositif. Ou l'on le fera changer de service, au labo, par exemple !
    On gardera la jeune femme aux comportements à risques, mais il ne s'agira plus que d'écumer les boîtes de nuit et son sauveur la ramènera dans le droit chemin.

  • Isabel

    mar 12 fév 2008 20:41

    Je trouve le titre astucieux et poétique ! Très bien trouvé, ce titre, il est vraiment pas mal du tout, j'aime cette idée de bande d'amis et de serment d'amitié (mon côté Harry Potter ?).

    J'aime les rebondissements et la progression de l'histoire. Ce n'est pas fade.

    J'aime la façon dont les personnages sont développés, leur complémentarité.

    Enfin, j'aime ce synopsis. Si certaines situations semblent en effet "cliché' brièvement couchées sur le papier, reste le talent des scénaristes, des dialogistes, du metteur en scène, des acteurs, la qualité de la photo, des décors, etc.

    Mais deux images me viennent en tête : la première est celle d'une série "à la française", avec des effets spéciaux "à la française" (ont dit en leur temps les Inconnus)... Je vois une lumière blafarde, une photographie inexistante, des dialogues plats, des acteurs mauvais, aucun parti pris, une accumulation de scène, on ne s'attache pas aux personnages, leur destin nous indiffère et on ne regardera pas la semaine prochaine.

    Je vois aussi une série "à l'américaine" où des situations extrêmes paraissent crédibles, où le tragique côtoie l'humour, où les acteurs, bien dirigés, sont simplement bons, où l'on a plaisir à suivre cette histoire de carabins.
    Cette version me plaît.

  • rvqras mailto

    mer 06 fév 2008 07:45

    Moi je trouve que dans "Les Trois Médecins", il y a déjà largement matière à faire un chouette ensemble-show en feuilleton. Il y a de l'amour, de super méchants, un vrai héros, des arcs narratifs, un vrai sujet ....
    En plus, "Les trois mousquetaires", c'est quand même très ancré dans l'inconscient collectif français, donc ça ne peut que contribuer au succès potentiel ...

  • kirsten

    mar 05 fév 2008 16:05

    Bonjour,
    J'aurais tendance à dire qu'il y a des clichés, aussi bien dans les traits des personnages que dans les situations. Et pourtant, toutes ces situations ou ces personnages, pris séparément, pourraient avoir leur pendant dans la réalité. Mais le tout, présenté par écrit, en fiction et dans le cadre du temps compté, j'ai trouvé que ce tout était un peu bizarre. C'est peut-être moi, hein (qui suis bizarre)...
    En vrac, parmi ce qui m'a plu :
    - histoire d'un groupe.
    - "le trait à part".
    - la soirée cinéma, les 5 salles, pas les mêmes films, et la suite.
    - le système des études.
    - les aiguilles à tricoter dans le ventre (je ne m'y attendais pas).





  • Emmanuelle MIgnaton mailto

    lun 04 fév 2008 18:01

    Une "Emmanuelle", ça me fait plaisir car ce n'est aps souvent qu'un personnage porte ce prénom, "mon" prénom". A part Charlotte Gainsbourg dans "Prête-moi ta main", film que j'ai beaucoup aimé, et Charlotte Gainsbourg est...épatante.
    A part ça, revenons-en au texte. Enfin à l'histoire. C'est passionnant, car tout y est au presque : la douleur, la mort, la vie (l'amour, la contraception), l'amitié qui vient et part. Pas de d'énigmes médicales, mais la vie comme elle va, le plus souvent, à côté de soi, en soi.
    J'ai les mêmes remarques que Manuu conecrantn la vraisemblance. Un peu "allergique" au viol aussi je suis, ainsi qu'au sermon de toute une vie. Mais bon...
    Danbs une série médicale, tout dépend de la crédibilitré des acteurs. Cf "Grey's anatomy" où certains acteurs sont vraiment "too much".
    On ne trouve pas un nouveau Hugh Laurie tous les jours...

  • alexis Z.

    dim 03 fév 2008 21:34

    Il manque un personnage de médecin, un certain Yves Sax, ou Yves Zacks. qui était à l 'Hôpital de Tourmens vers 1974: il est peut-être bien à la retraite, dommage, je l'aime bien... ;-)))

  • shyriu

    jeu 31 jan 2008 10:14

    C’est dommage que la télé l’ait refusé car ça aurait pu faire une très bonne série !! Néanmoins je ne pense pas que ça aurait été très simple surtout actuellement et ce pour plusieurs raisons :
    - tout d’abord d’un point de vue technique : la première chose qui me soit venue en tête après avoir fini la lecture de ce pilote c’est qu’entre les mains des américains ça aurait été une réussite mais qu’entre les mains des français, sûrement un désastre car dans les séries françaises il n’y pas que les histories qui soient mauvaises ; la lumière est mauvaise (une série française ressemble à un film familial), les acteurs sont mauvais et n’ont aucune crédibilité et même s’ils ont du talent la plupart semble déjà s’être projetée dix ans en avant, imaginée tout le succès qu’ils allaient avoir et donc se prennent pour George Clooney dès le premier épisode. Garder la tête froide ne semble pas très répandu dans le milieu. Je n’aime pas Grey’s anatomy pour ces raisons-là, les acteurs sont fades et pas crédibles, et tout le monde semble savoir à l’avance que ce sera un succès à la Urgences, ce qui se répercute directement sur leur jeu.
    - d’un point de vue scénaristique, ce serait difficile de mettre sur pied un scénario qui ne fasse pas trop écho à Urgences par exemple ou toute les autres séries médiales ; car elle ont brassé tellement de cas et de situations (médicales ou non) que si on veut actuellement aborder le thème de la médecine dans une série il faut savoir trouver une structure original qui rénove le genre comme Scrubs ou Dr House.
    Mais on sent le souci de votre part d’apporter beaucoup de neuf et on n’a pas de mal à s’imaginer les situations, les personnages qu’on a d’ailleurs très envie de voir prendre forme (d’ailleurs Sophie a à la fois avec un pied bot et une luxation congénitale de la hanche?). Il manque juste une petite minorité dans le groupe principal des 6... !
    Bravo !

  • Manuuu mailto

    jeu 31 jan 2008 00:53

    J'aime bien le background des personnages. J'ai noté en revanche plusieurs clichés qui peuvent provoquer une indigestion.

    Le coup du mec qui sauve la fille à deux doigts de se faire violer, j'aime pas trop. Victime d'une agression ou d'un harcèlement, pourquoi pas mais le viol me parait too much.

    "Les six amis se promettent de toujours s’entraider"
    => Ca je supporte pas. C'est d'un idéalisme comme il n'existe plus nulle part sur terre. A moins d'avoir 13 ans et de refaire le monde tous les jours avec son meilleur ami. Peut-être que c'est moi qui suis trop réaliste, peut-être que je me trompe, je sais pas.

    "Elle la calme en lui chantant des contines. Impressionnée, la psychologue du service propose à Emmanuelle de l’accompagner dans les différents services où elle travaille"
    => Ca me semble être un peu facile que sur un seul patient, la psy soit impressionnée. Faut qu'on voit une aisance d'emmanuelle mais pas sur un seul cas.


    Sinon j'ai beaucoup aimé le twist d'Emmanuelle qui s'est fait agressée et transpercée le ventre. J'en ai presque senti la violence rien qu'en le lisant.

    De manière globale, j'aimerais bien le voir adapté à l'écran. Mais j'ai toujours peur d'interprètes de piètre qualité, ce qui est le pêché de la fiction TV française. Suffit de voit l'influence du jeu, un peu à côté, de Laure Marsac dans Scalp.

  • Elodie mailto

    mer 30 jan 2008 19:13

    Encore ! Je veux une suite !!!

    Je ne sais pas si l'adaptation en série pourra rendre aussi bien que ce que l'on "voit" quand on lit le scenario. De série médicale, je ne connais que Dr House et Grey's Anatomy, mais suivre le destin de futurs soignants (avec leurs doutes et leurs interrogations, leur vie de soignant mais aussi de personnes à part entière) pour une fois en France, donc dans un contexte, dans un système médical que l'on connait peut etre mieux et en dénoncer les incohéranceset dysfonctionnements. Je retrouve avec plaisir des traits des Trois Médecins ce qui est loin de gater le projet !

    La France n'ose pas vraiment toucher au système médical dans les séries alors que l'on voit que les américains ont trouvé le bon créneau. Il est facile de faire des scénarii qui se passent dans un milieu médical, mais beaucoup plus dur de parler des soignants en tant que tel, comme des hommes et des femmes comme les autres, avec des doutes, des craintes, des erreurs, des joies, des peines. Il y a une réalité humaine autour du milieu médical que l'on oublie souvent derriere l'image sacralisée et idéalisée du soignant, et le médium de la télé pourrait contribuer fortement à mettre en lumière cela.

    En tout cas, si personne ne souhaite produire cette série, ces histoires croisées pourraient tres bien rendre en livre (ca se voit que je lance un appel ?... pom pom pom).

    Elodie

  • Ninjagenial mailto

    mer 30 jan 2008 15:16

    Décidément, l'oeuvre de Dumas vous obsède. Ceci dit, l'analogie est moins flagrante que dans les trois médecins, à part les noms bien sur.
    Ce synopsis est intéressant, mais enfin, il était évident qu'il serait refusé. Pensez donc :
    un homosexuel séropositif,
    une 'fille facile',
    une autre avec un pied bot,
    des stages en soins palliatifs ou en psychiatrie,
    des médecins français autoritaires, carriéristes ou tyranniques
    un médecin croate (Kovac?) pas reconnu comme tel
    des infirmières et des sages femmes attentionnées
    une agression sur une femme enceinte qui rappelle les pire époques de notre histoire d'avant la loi Veil (et qui est la réalité dans encore bien trop d'endroits).
    Il y a là de quoi faire fuire le plus téméraire des chefs de fiction des chaines françaises (pour qui la témérité rime aujourd'hui avec Les Experts "n'importe quelle vile du monde tant qu'il y a les Experts dans le titre" (j'attends avec impatience les experts à Nogent le Rotrou), les sagas historiques avec pleins de costumes et plein de nationalités dedans et tant pis si quand ils jouent les acteurs ne se comprennent pas , on arrangera ca au doublage coco!, ou encore de savoir dans quelle tranche horaire rajouter du Derrick sans que les téléspectateurs se rendent compte que le fier limier Teuton occupe désormais 95 % de la grille de la chaine).
    Bon j'exagère un peu mais ca fait du bien parfois.
    Pour revenir au scénario, si j'ai trouvé la caractérisation des personnages un peu caricatural (mais bon ce doit être la forme qui veut ça), l'histoire et ses ambitions m'ont bien plus, et je me suis assez facilement pris à imaginer les dialogues des personnages lors de la veillée d'Emmanuelle.
    En tous les cas, une fiction de ce genre aurait au moins le mérite de brosser un tableau un peu réaliste (peut être un peut trop chargé??) du milieu hospitalier. Mais je ne connais pas assez ce milieu pour en juger.

    PS : Merci pour the West Wing, la première saison est dantesque, c'est presque ce que j'ai vu de mieux en matière d'oeuvre télévisuelle (on laisse le Prisonnier à part, le Prisonnier est indétronable!). Quelle ambition, quelle écriture, quelle volonté de tirer le téléspectateur vers le haut! C'est juste énorme. Je n'aurai donc pas à vous envoyer la facture du coffret!