Les séries françaises sont sur la bonne voie. Avocats et
Associés, Les Oubliées, Fais pas ci Fais pas
ça ou encore Les Bleus premiers pas dans la police
sont, à des degrés de réussite (et d’ambition) divers autant
de signe encourageants. Chacune a su retenir quelques bonnes leçons
du côté des séries anglo-saxonnes.
Un des exemples les plus frappants est Clara Sheller.
Son créateur, Nicolas Mercier a ainsi bien digéré les leçons
de The Shield. Dans cette dernière, un événement
traumatisant concluait l’épisode pilote (Vic Mackey tuant de
sang froid un de ses collègues parce qu’il les espionnait
pour le compte des affaires internes). Un acte qui, dans un premier
temps, pouvait paraître un peu gratuit, manière de tout de suite
frapper les attentions et de clouer les spectateurs dans leurs
fauteuils. Sauf que cet acte n’avait rien de gratuit puisque,
dès cet instant, MacKey et son équipe ne cesseront d’en payer
les conséquences au fil des saisons.
Nicolas Mercier ne procède pas autrement. La saison 1 nous
présentait une Clara Sheller tête en l’air, capricieuse et
grassement payée pour ne quasi rien faire (une chronique par mois
dans un magazine). Est-ce pour ça qu’elle a chuté côté
audiences ? Toujours est-il que la saison 2, dans ces derniers
épisodes, présentait l’addition à son héroïne. Ce qui pouvait
passer pour gratuit, pour posture vaguement moderne et insouciante,
a débouché sur une fin de saison 2 à la noirceur particulièrement
osée (bien plus que les fameuses scènes chaudes entre Gilles et
Jipé).
En procédant de la sorte, Mercier rompait avec la logique de
cartoon qui régit trop souvent les séries françaises où, comme le
Coyote ou Tom dans Tom et Jerry, les personnages ne sont jamais
durablement affectés par ce qui leur arrive.
Autre saison 2 intéressante : celle de Mafiosa, confiée à
Eric Rochant, le réalisateur d’Un monde sans pitié
et des Patriotes. Admirateur de The Wire (le
personnage d’Andreani peut lointainement faire penser à celui
d’Omar Little), Rochant, également co-scénariste, a surtout
pioché du côté des deux plus grandes fictions mafieuses.
Du Parrain, il a repris le personnage tragique de Michael Corleone
(qui, bien loin des affaires de la famille, devient chef à
contre-cœur et perd son âme) ainsi que son aspect tragédie
familiale. Des Sopranos, il a gardé le côté dérisoire de ses
seconds couteaux, la déglamorisation appliquée du crime
organisé.
Manque encore à cette saison 2, déjà très supérieure à la première,
les couches multiples qu’on trouve généralement sous la
surface des meilleures séries américaines. Si Mafiosa façon Rochant
développe une histoire captivante, elle manque de cette richesse de
fond, de ces vertigineux niveaux de lecture qui font des Sopranos
une des œuvres majeures de la fiction contemporaine, tous
supports confondus. Malgré quelques approximations, on ne peut nier
que, décidément, les séries françaises sont donc sur la bonne
voie.
Geoffroy Klompkes
Chroniqueur séries et DVD sur Pure FM (http://www.purefm.be)
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Date de création : 01/10/07 Dernière mise à jour : 27/05/09 21:10 / 42 articles publiés
Clara Sheller comme Vic Mackey ; Sandra comme Tony posté le mardi 03 mars 2009 21:31
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Tous les commentaires de l'article:
Clara Sheller comme Vic Mackey ; Sandra comme Tony
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Cher Raoul, bien sûr qu'il n'y a aucun rapport entre "The Shield" et "Clara Sheller" et entre "The Wire" et "Mafiosa". Je perçois toutefois des ponts quasi invisibles dans certaines approches, dans certaines leçons retenues et qui relèvent en quelque sorte plus de la grammaire des séries que des séries elles-mêmes. Mais, disant cela, je ne suis pas sûr d'être très clair. ;-)
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J'ai peu regardé Clara Sheller (au contraire de The Shield), j'ai du mal à voir le rapport entre ces deux séries. Rien ne les rapproche et surtout pas le rythme.
Quant à Mafiosa qui est une bonne série, elle est quand même loin de The Wire. De plus, même si Andreani est un des plus intéressant il est très éloigné d'Omar, notamment par ses motivations
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Je ne peux qu'être d'accord avec cet article, en tout cas concernant Clara Sheller, je ne connais pas Mafiosa. C'est en effet une série qui s'inscrit dans le temps, qui accepte de prendre en compte ses effets, et donc les conséquences des actes de ses personnages. La formule que vous employez (la logique de cartoon) est tout à fait parlante à cet égard. Par contre, je maintiens aussi mon point de vue (cf.lettre ouverte aux personnages de Clara Sheller...) cette série, que je viens de revoir sur France 4, innove AUSSI en osant filmer des scènes d'amour réalistes entre hommes, l'histoire d'amour d'un trio et en allant encore plus loin pour poser en filigrane la question de la construction de l'identité sexuelle, du genre etc... (c'est quand même rare en prime time sur les grandes chaînes françaises). La disparition de la logique cartoon, l'innovation et la fantaisie narrative (cf. les deux derniers épisodes de la saison 2), la réflexion sur les questions amoureuses et de société dont je parle ci dessus font de cette série une série innovante, et émouvante.

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